L’AGORAPHOBIE

L’agoraphobie est une phobie dite complexe, on peut effectivement là qualifier ainsi. En effet, nous avons tendance à l’assimiler à la peur des lieux publics, peur de la foule, mais l’agoraphobie « ne se limite pas seulement à cela ». Mais de quoi s’agit-il donc réellement ? Comment elle se manifeste ? Et surtout, comment la surmonter ?

Qu’est-ce que l’agoraphobie ?

Nous pensons souvent que l’agoraphobie est la peur de la foule. Mais il s’agit en fait d’un mal pouvant être plus complexe. En effet, tout d’abord, la personne agoraphobe n’a pas peur « de la foule », mais plutôt « dans la foule ». Plus généralement, l’agoraphobe a surtout la crainte qu’il lui arrive un malaise et que les circonstances pourraient conduire à ce que les secours en soient difficiles, donc pourraient « ne pas arriver à temps ». C’est ainsi que la personne pourrait en même temps craindre les transports en commun, les embouteillages, les centres commerciaux, mais également l’ascenseur (où il peut ne pas y avoir « beaucoup de monde ») ainsi que certains espaces « dangereux » (où il pourrait également ne pas y avoir d’autre présence humaine) tels que les endroits désertiques, les « interminables » ponts, les tunnels…

En d’autres termes, la claustrophobie (peur des espaces clos) et l’acrophobie (peur de la hauteur et du vide) sont des formes d’agoraphobie.

Toutefois, il faut différencier l’agoraphobie de la « phobie sociale ». En effet, bien que cette dernière conduise à des comportements similaires (fuite de la foule, isolement…), elle se caractérise notamment par la « crainte du regard d’autrui ».

Le début et l’aggravation de l’agoraphobie :

Comme toute autre phobie, l’agoraphobie peut s’amplifier ou s’aggraver. Aussi, elle peut débuter par la « simple » crainte dans le métro (notamment les « longs trajets »), ou encore de la longue file d’attente pour arriver à la caisse du supermarché. Ensuite, la peur peut devenir plus forte et les situations « à craindre » se multiplier. Ce qui, au fur et à mesure que la phobie s’amplifie, conduit la personne à s’isoler socialement et à ne plus sortir de chez elle. Certaines personnes agoraphobes, par exemple, ne peuvent pas supporter un trajet de 40km, et d’autres n’osent même plus sortir pour acheter du pain à la boulangerie du quartier.

Les crises de panique liées à l’agoraphobie :

Devant les situations qui leur font peur, les agoraphobes traversent des crises de panique résultant en fait de la montée du taux d’adrénaline. C’est ainsi qu’apparaissent l’emballement du cœur, les grosses sueurs, la tête qui tourne… Ils perdent alors le contrôle et toutes sortes de craintes surviennent : la peur de tomber, de faire une attaque cardiaque, d’avoir un AVC (Accident Vasculaire Cérébral), et dans certains cas même, de devenir fou.

Plus les manifestations liées au taux d’adrénaline montant s’accentuent, plus la personne panique. C’est d’ailleurs ainsi que l’agoraphobie commence le plus souvent. Et au fur et à mesure des crises de panique, le sujet aura « peur d’avoir peur ». D’ailleurs, il y a la crainte de faire une crise (synonyme de peur), mais aussi celle des « situations aggravantes », comme le risque de manquer d’air (dans les lieux publics « surpeuplés », les espaces clos…).

Mais les attaques de panique sont souvent « inoffensifs » : il y a eu « plus de peur que de mal », comme on dit. En effet, dans la grande majorité des cas, les crises cardiaques ou les AVC tant redoutés n’arrivent pas, la crise ne présentant pas de danger, physiquement.

Comment surmonter l’agoraphobie ?

Même si les crises de panique peuvent être « sans danger », l’agoraphobie doit être surmontée puisque dans tous les cas, elle peut devenir un handicap, un obstacle à l’épanouissement.

Aussi, dès les premières crises de panique, il faut tout d’abord consulter un médecin généraliste. En effet, il faut savoir que les manifestations peuvent s’apparenter à d’autres pathologies, les impressions de vertige pouvant par exemple provenir de troubles au niveau de l’oreille interne. Le médecin s’assurera donc du diagnostic, et s’il le faut, orientera auprès d’un psychologue ou d’un psychiatre.

Si l’agoraphobie est confirmée, une fois chez le spécialiste, celui-ci optera le plus souvent pour la thérapie à la fois comportementale et cognitive. Tout comme pour la claustrophobie, le principe est d’abord « d’inverser la logique » de l’agoraphobe qui pense « qu’une chose est dangereuse parce qu’il en a peur ». l’hypnothérapie est aussi une approche dès plus écologique pour le traitement de l’agoraphobie, souvent accompagnée de prescriptions telles, les visualisations positives ou la méditation. ensuite l’accompagnement dans l’affrontement même la crainte.

A savoir :

  • Certaines personnes se sont sorties de l’agoraphobie en suivant un programme de thérapie cognitive et comportementale qu’elles ont elles-mêmes définies à l’aide de certaines sources (sites internet et ouvrages notamment). Le plus souvent, elles sont assistées par un proche et/ou prennent la précaution de toujours avoir avec elles des anxiolytiques et un portable toujours « prêt à appeler ». Dans ce cas, il faut y aller progressivement et surtout éviter les situations extrêmes, pouvant provoquer de grosses crises de panique. Mais pour une meilleure « sécurité » et un résultat « mieux garanti », l’aide d’un spécialiste est toujours recommandée.
  • D’ailleurs, les anxiolytiques ne doivent pas être pris « trop longtemps ». En effet, ils soulagent les crises, certes, mais peuvent notamment créer une dépendance, outre les effets secondaires.
  • Par contre, les antidépresseurs peuvent constituer un traitement de fonds. Ils ne sont toutefois nécessaires que s’il y a « réellement » crises de panique.
  • Enfin, pour les agoraphobes qui « n’osent plus » sortir de chez eux, certains spécialistes peuvent effectuer un traitement à domicile.

 

 

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